بسم الله الرحمن الرحيم
Un roi avait un jeune fils d’une grande beauté physique et de caractère noble. Il désirait que la future princesse soit une épouse pieuse et éduquée. Il la trouva dans une famille de derviches, et commença à nouer des relations avec cette famille. La reine apprit cela, et par manque de discernement, fit des reproches au roi : « Vous avez considéré la piété et les bonnes manières, mais la tradition impose l’égalité de rang ; cette famille n’a pas la même noblesse ni les mêmes richesses que nous. » Le roi répondit :
Va-t-en ! Celui qui fait de la religion son seul souci, Allah le libère de tous les soucis de ce monde.
Comme le bâton magique de Moûssa (Moïse) (paix sur lui) qui avala tous les serpents, le souci pour l’Autre Monde avalera aussi toutes nos préoccupations de ce monde.
A ce sujet, j’ai composé les vers suivants :
Est libéré sur le champ des soucis des deux mondes,
Celui qui reçoit un seul atome de Ton amour.
Revenons à l’histoire : à la fin, le roi l’emporta sur sa femme, et on célébra le mariage. Le roi attendait un petit-fils avec impatience, mais même après plusieurs années, aucun enfant ne vint au monde. Il commença alors à s’en inquiéter et à s’étonner, car la princesse était d’une grande beauté et n’avait aucune maladie. Il réunit quelques intimes et des savants de la religion, et s’entretint avec eux de ce problème. Il apprit ainsi qu’une vieille sorcière avait envoûté son fils de telle sorte que celui-ci voyait sa merveilleuse femme sous une apparence laide et répugnante, tandis que la sorcière lui apparaissait plus belle que la lune.
Il avait ainsi délaissé sa délicieuse épouse, s’était épris de la vieille femme et, prisonnier du maléfice, passait toutes ses nuits avec elle. Cet amour le consumait et l’avait réduit en loque, mais lui, sous l’effet de l’envoûtement, ne s’en souciait guère, et restait insensible aux conseils et aux larmes de ses proches et de tout le royaume !
Cette nouvelle plongea le roi dans un grand désarroi. Il dépensa beaucoup d’argent en charité, et essaya par tous les moyens de détourner son fils bien-aimé de l’amour pour la sorcière, mais rien n’y fit. Alors, il tomba alors en prosternation devant Le Seigneur et se mit à supplier Allah et à pleurer chaudement. Allah le Très-miséricordieux accepta ses supplications, et il était encore en train de pleurer quand Allah fit apparaître devant lui un homme de l’Invisible. Celui-ci lui dit : « Par ordre du Créateur, je suis venu détruire ce maléfice, comme la main de Moussa ; venez avec moi jusqu’au cimetière ».
Arrivés là-bas, l’homme creusa près d’une vieille tombe et en sortit un cheveu auquel il y avait cent nœuds maléfiques ; il se mit à les défaire un par un en prononçant une formule sacrée. Dans le même temps, le prince commença à retrouver ses esprits et sortait peu à peu de son illusion. Au centième nœud, il fut complètement guéri de son amour pour la sorcière et de son regard faussé. Il vit alors la vieille femme dans sa forme véritable, et en fut si épouvanté qu’il s‘enfuit de cette laideur personnifiée ! Il s’étonna lui-même de cette illusion. Lorsqu’il revint au château et posa son regard sur son épouse pareille à la lune, il fut frappé par la grâce de cette sylphide, et s’évanouit. Il reprit peu à peu conscience dans les bras de sa dulcinée, et habitua petit à petit ses yeux à cette beauté éclatante.
Moralité
Maoulânâ Roûmî nous dit maintenant :
Ô gens ! Vous êtes ce prince, et la vielle sorcière est ce monde répugnant. Le roi est Adam –paix sur lui. La sorcière a séparé l’homme de son père, a ensorcelé les gens et les a rendu captifs de l’amour des couleurs et des formes périssables ; elle les a ainsi détournés de l’amour d’Allah et du saint prophète (SAW) , de la beauté de la religion et du bonheur des adorations. Car en fait, ce monde ne possède que la réalité suivante :
Ce monde n’est qu’un immense désert,
Même s’il t’apparaît comme la ville des lumières .
Il n’a que cette réalité : comme un homme qui ferme les yeux,
Et ensuite imagine tout ce qu’il veut :
Un monde de rêves et d’illusions
Ô cœur, ne te laisse pas charmer par les couleurs éclatantes de ce monde,
C’est l’automne, qui s’est habillé des couleurs du printemps.
Les vers suivants, sont ceux du fils du Calife Hâroûne Al-Rachîde, qui avait abandonné la royauté et choisi une vie ascétique. A l’approche de sa mort, il avait adressé ces conseils à l’un de ses amis :
Ô ami, ne te laisse pas tromper par les fastes de ce monde,
La vie a un terme et les plaisirs une fin.
Lorsque tu portes un cercueil au cimetière,
Saches que demain, c’est toi qu’on portera !
Voici les remèdes qui, Inchâ Allah, guériront celui dont le monde a ensorcelé le regard :
1. Lier une amitié sincère avec les amis d’Allah.
2. Se rappeler souvent de la mort, inévitable départ de ce lieu de passage vers notre véritable patrie : l’Autre Monde.
3. Fréquenter assidûment les amis d’Allah et les maîtres spirituels ; écouter attentivement et suivre leurs conseils sans contester.
4. Demander chaque jour à Allah la grâce d’être guidé dans le droit chemin, après avoir accompli deux Rak’ates de Salâh Nafil.
Traduction d'une des histoires du Ma'arif-e-Mathnawi (commentaire du Mathnawi) par
Histoire: Le prince ensorcelé
- Détails
- Écrit par : Chaykh Hakim Muhammad Akhtar
- Catégorie : Histoires
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