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MAJ le 28/08/2008

SMS MUSLIM SERVICE

 

Le Dernier des Prophètes (paix sur lui) n'a vécu que 63 années sur la Terre. De plus, il ne reçut la prophétie qu'à l'âge de 40 ans.


23 années furent donc suffisantes pour tout changer.

 

 

Avant…

 

Le monde était divisé, miné, rongé du fait de plusieurs incompréhensions.

 

Certains pensaient que se consacrer à Dieu n’était possible qu’à la condition de fuir les hommes. D’autres pensaient qu’acquérir les biens matériels n’était envisageable qu’en se détournant du divin. Certains pensaient qu’à trop étudier, on risquait de finir par mépriser, du haut de sa science, les gens n’ayant pas notre niveau de savoir. D’autres pensaient que servir les hommes signifiait se rabaisser devant eux. D’aucuns disaient que tel était né pour diriger, et tel autre était né pour servir ceux qui dirigent. C’est ainsi qu’une multitude d’idéologies avaient cadenassé l’être humain, l’empêchant de se réaliser pleinement.

 

Alors le dernier des Prophètes (paix sur lui) fut envoyé. Son but était d’ouvrir ces cadenas pour délivrer l’être humain. Avant lui, nombreux furent ceux qui tentèrent de les ouvrir, sans succès. Le fait est, dit Cheikh Aboul Hassan Alî an-Nadwî (que Dieu lui fasse miséricorde), qu’ils n’avaient pas essayé la bonne clé. Le Dernier des Messagers (paix sur lui) fut envoyé avec un passe-partout, et tout fut ouvert en l’espace de quelques années. Cette clé magique était la formule : « Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mouhammad (paix sur lui) est Son Messager »

Après…

 

On vit alors apparaître des êtres extraordinaires :

 

  • Des riches… portant des habits de pauvres : un homme raconte qu’il vit le très riche calife ‘Outhmân Ibn ‘Affân (que Dieu soit Satisfait de lui) durant son règne dormir dans la mosquée sur une petite natte, portant des habits très modestes, alors qu’il était le chef d’un empire grand comme la moitié du monde. C’était une époque où les biens matériels affluaient de toutes parts. Pourtant, la plupart des journées du calife étaient des journées de jeûne, et ses nuits étaient prières. En un seul cycle de prière, il récitait l’intégralité du Coran. Et quand les gens lui demandaient comment il parvenait à cela, il répondait : « Si vos cœurs étaient purs, vous ne seriez jamais rassasiés de La Parole du Créateur ! »
  • Des hommes détachés de cette vie… portant des habits de rois : l’imâm Mâlik Ibn Anas (que Dieu lui fasse miséricorde) avait un habit pour chaque jour de l’année. Il sera pourtant l’un des plus grands juristes de l’islam. Il habitait à Médine, la ville où est enterré le Prophète de l’islam (paix sur lui). Plus exactement, sa maison était située en dehors de Médine, juste à la frontière de la ville, car pour lui, il était inconcevable qu’il puisse faire ses besoins dans la ville bénie.

 

  • Des hommes à la science extraordinaire… avec une modestie restée dans les annales : un homme resta plusieurs années avec l’imâm Ahmad Ibn Hanbal (que Dieu lui fasse miséricorde) et remarqua que l’imâm ne chercha pas une seule fois à mettre en avant le fait qu’il était un savant accompli. Ce même Ahmad Ibn Hanbal (que Dieu lui fasse miséricorde) mourut torturé en prison. Lors d’une des séances de torture, il était enchaîné et perdit connaissance. Dès qu’il revint à lui, il demanda au bourreau : « Sais-tu ce que ash-Shâfi’î dit de cette situation ? » Il voulait savoir s’il lui était licite de faire le tayamoum (ablution au moyen de ce qui vient de la terre) plutôt que le woudhoû’ (ablution au moyen de l’eau) pour retrouver la pureté !!! Les gens présents dirent : « Regardez cet homme. On le torture et il questionne au sujet de la jurisprudence ! »

 

  • Des hommes à la science immense, avec des cœurs remplis de compassion : Nou’mân Ibn Thâbit, surnommé Aboû Hanîfa (que Dieu lui fasse miséricorde) – celui pour qui l’illustre juriste ash-Shâfi’î (que Dieu lui fasse miséricorde) disait « En matière de jurisprudence, nous sommes tous des enfants devant lui ! » – prenait les mesures de tous les pauvres de sa contrée quelques jours avant la fête de Eid et taillait pour eux des habits afin qu’il n’y ait pas de différence durant ce jour de fête entre pauvres et riches.

 

  • Des êtres à la science incroyable… à la piété encore plus grande : Imâm ash-Shafi’î (que Dieu lui fasse miséricorde) accomplira pendant plusieurs dizaines d’années la prière du matin avec les ablutions de la veille. Ce même ash-Shâfi’î disait : « Je n’ai jamais discuté avec quelqu’un sans désirer que la vérité sorte de sa bouche autant que de la mienne ! »

 

  • Des êtres d’une grande pudeur… avec une résolution des plus fermes : la mère des croyants Â’isha (que Dieu soit Satisfait d’elle) disait : « Que Dieu bénisse les femmes des ansârs : la pudeur ne les empêchait pas de questionner à propos de leur religion. » La sœur de Â’isha était Asma (que Dieu soit Satisfait d’elle). Quand son fils ‘Abdoullâh Ibn Zoubayr (que Dieu soit Satisfait des deux) vint la voir le matin où il allait être tué sauvagement dans l’enceinte de la Kâ’bah, Asma dit en substance à son fils : « Si c’est la vérité qui te motive, alors donne ta vie pour elle. Si c’est autre chose, alors il n’y a pas de bien en toi, que tu sois vivant ou mort ! »

 

  • Des êtres proches des hommes… mais encore plus de Dieu : Zaynoul ‘Âbidîn (que Dieu lui fasse miséricorde) était un descendant du calife ‘Alî (que Dieu soit Satisfait de lui). Il vivait à La Mecque. Les gens de cette ville avaient l’habitude de découvrir quand ils se réveillaient le matin un panier de provisions devant leur porte. Ils ne surent jamais l’identité de celui qui déposait ces paniers durant la nuit. A la mort de Zaynoul ‘Abidîn (que Dieu lui fasse miséricorde), ils comprirent que c’était lui quand ils se rendirent compte que les paniers n’arrivaient plus. Il faut dire qu’il avait de qui tenir. Son arrière grand-père était ‘Alî Ibn Abî Tâlib (que Dieu soit Satisfait de lui), celui-là même qui, malgré l’annonce par le Prophète (paix sur lui) de son accès au Paradis, était devenu, suivant la description que donnèrent ses contemporains, « un familier des nuits obscures ! ». Il pleurait dans le mehrab de la mosquée tel un homme piqué par un serpent et répétait : « ô bas monde ! C’est moi que tu cherches à séduire ? Eloigne-toi car je t’ai répudié trois fois ! »
  • Des êtres épris de justice… encore plus quand ils sont concernés : Quand ‘Oumar Ibn al-Khattâb (que Dieu soit Satisfait de lui) fut poignardé, il demanda que se réunissent six compagnons pour une concertation devant désigner son successeur. Or, à bien considérer les hommes qu’il choisit, Cheikh Aboul Hassan Alî an-Nadwî (que Dieu lui fasse miséricorde) fait remarquer qu’ils font tous partie des dix ayant eu la promesse du Paradis. Pourtant, ‘Oumar écarta, dans le choix de ces six hommes, un compagnon qui lui aussi reçut cette promesse : Sa’îd Ibn Zayd (que Dieu soit Satisfait de lui). Explications de Cheikh an-Nadwî : « De tous les compagnons ayant reçu cette promesse, Sa’îd Bin Zayd était le seul à avoir un lien de parenté avec ‘Oumar Ibn al-Khattâb. Celui-ci craignait que ce lien vienne influencer la concertation. Il écarta donc délibérément ce compagnon !!! »

 

Pour illustrer le changement apporté par la révélation, le poète Mouhammad Iqbâl dans un remarquable poème met en scène Aboû Jahl ressuscitant et revenant à La Mecque après que l’islam se soit implanté dans les cœurs. Voilà Aboû Jahl revenant sur cette terre qu’il connaît si bien, parmi ces gens qu’il connaît si bien, dans cette ville qu’il connaît si bien. Ce qui suit est donc tiré de l’œuvre de Mouhammad Iqbal.

 

« La première chose qu’il fait est bien sûr de se rendre au Harâm, enceinte de la Kâ’bah. Mais ô surprise : plus d’adorateurs de Lât ou de Manât qui étaient des statues vénérées de l’époque. Seulement des gens occupés à tourner autour de la maison de l’Unique, priant l’Unique, suppliant l’Unique. Il peut bien chercher. Là où ses yeux se posent, il ne voit que rukû (inclinaison dans la prière musulmane), soujoûd (prosternation dans la prière musulmane), tasbîh (répétition de la formule « Pureté à Dieu »), tahlîl (répétition de la formule « Il n’y a de Dieu que Dieu »), tahmîd (répétition de la formule « Louange à Dieu »), tamjîd (répétition de la formule « Pureté à Dieu, Louange à Dieu, il n’y a de Dieu que Dieu et Dieu est le plus grand »), zikr (penser à Dieu) ou istighfâr (demander pardon à Dieu). Que s’est-il donc passé ici ? Où sont-elles ces idoles de l’ignorance ? Où sont Habal, Uza, Usaf, Naila ? Pourquoi plus personne ne parle d’elles ?

 

Mais voilà quelqu’un qui arrive porté par une ardeur impressionnante ! Il ne fait attention à personne et semble sur le point de crier quelque chose. Aboû Jahl se précipite pour le féliciter. Nul doute qu’il va réveiller ces hommes qui ont tout oublié. Aboû Jahl ouvre ses oreilles, mais c’est pour entendre : « Dieu est le Plus Grand ! Dieu est le Plus Grand ! Je témoigne qu’il n’y a de Dieu que Dieu ! Je témoigne qu’il n’y a de Dieu que Dieu !... » C’est l’appel à la prière.

 

La fraternité de l’islam a pris la place de la fierté païenne et de la vanité tribale. Les hommes ne voient plus l’humanité que comme une seule et même famille dans laquelle arabes et non arabes sont égaux. Plus qu’un seul critère d’excellence : la piété.

 

Abu Jahl se mêle aux gens pour écouter leurs conversations. Mais plus de grossièreté, plus de vantardise, plus de gloriole, plus de parti pris, plus d’insulte raciste. Il est choqué d’apprendre que plus personne ne méprise autrui du seul fait de son origine ou de son rang social. Au contraire, voilà certains occupés à apprendre d’un esclave noir et se vantant d’être parmi ses élèves.

 

Abû Jahl part dans les souks. Mais plus de tricherie, plus de tromperie, plus de mensonges, plus de fausse pesée. « Diable ! » s’écrie-t-il. « Même le vol a disparu !? »

 

En vain, Abu Jahl cherche une petite trace de paganisme. Mais le comportement, les paroles, les actions… tout est changé. Abu Jahl s’écrie : « Où sont-ils ceux que je connaissais ? »

 

Le chef de la tribu de Makhzum1 devenu étranger dans sa propre ville va chercher à vérifier qu’il ne s’est pas trompé d’endroit. Mais non : la Kâ’bah, le Hatîm, la pierre noire, le puits de Zam-Zam… tout est là !

 

Et Abu Jahl retrouve alors la mémoire. Il se souvient de cette nouvelle foi portée par cet homme (paix sur lui). Il se souvient de cette menace contre le nationalisme arabe et les pratiques païennes. Il se souvient comment il s’était opposé à cet homme (paix sur lui) qui remettait tant de choses en question.

 

Abu Jahl n’en peut plus. Il court vers la Kâ’bah et s’écrie : « Muhammad (paix sur lui) nous a déshonoré ! Il a rasé les palais de César, de Kisra, des rois et des empereurs, et il a sali la Kâ’bah. Il a fait tout cela et a proclamé « La terre appartient à Dieu ; Il la donne à qui Il veut ». Il a jeté sur nos jeunes générations un sort si bien que nos descendants ne voient plus que lui. Y a-t-il plus grand blasphème que cette parole qu’il ne cessait de proclamer : « Il n’y a de Dieu que Dieu ! » En une seule parole, il détruisait des univers entiers et en reconstruisait un autre ! Que le monde se venge de lui ! N’est-il pas étrange qu’il rejette toutes les divinités visibles pour appeler à une divinité invisible ? » Là se termine le texte de Muhammad Iqbal.

 

Ainsi donc, l’islam a transformé un groupe d’hommes et ce dans tous les aspects de la vie. Le plus étonnant, c’est que la prophétie n’aura duré que 23 années : une période ridicule à l’échelle de l’histoire humaine. Mais la transformation occasionnée restera unique dans les annales de cette même histoire.

 

Le Dernier des Messagers (paix sur lui) avait donc apporté un message qui avait réconcilié les hommes avec eux-mêmes, les rendant à leur humanité. Aujourd’hui encore, les hommes ne sont plus dignes de ce nom. Encore une fois, il faut les rendre à leur humanité. Nous musulmans sommes aujourd’hui les dépositaires de ce message qui seul est capable de réaliser ce défi. Mais qu’avons-nous fait de ce message ?

 

1 C’était le nom de la tribu dont il était le chef.

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