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MAJ le 28/08/2008

SMS MUSLIM SERVICE

Discours prononcé à la mosquée de St Pierre le Vendredi 4 Juillet 2008

 

Nous sommes en pleine période de proclamation des résultats des épreuves scolaires : brevets, baccalauréat et autres études universitaires. Je tiens donc à profiter de ma présente intervention pour attirer votre attention sur deux points importants; mon propos s'adresse avant tout à ceux qui ont des enfants qui viennent de passer des examens… mais, dans une plus large mesure, il concerne aussi tous les parents en général.

 

Chers frères,

 

Tout d'abord, je voudrai rappeler que, par rapport à ce que nos jeunes garçons et filles vivent en ce moment -ou ce qu'ils vont vivre dans les jours qui viennent, s'ils attendent encore leurs résultats, nous avons, en tant que parents, un rôle majeur à jouer : après toutes ces semaines de stress et de tension, ils ont aujourd'hui plus que jamais besoin de nous, de notre attention et de notre soutien…

 

·         S'ils ont réussi leurs examens, il faut bien sûr leur manifester de la façon la plus explicite notre joie, notre contentement et notre satisfaction à leur égard. Cela est très important pour eux… bien plus qu'on ne l'imagine souvent.[1] Avec cela, il faut également essayer de les récompenser dans la mesure du possible et du licite pour tous leurs efforts.

 

·         Dans le cas où ils ont échoué à leurs examens, il faut absolument éviter de les affliger et de les accabler encore plus qu'ils ne le sont déjà… surtout si, pendant la majeure partie de l'année, nous n'avons accordé que peu d'intérêt à leur scolarité et, de façon plus générale, à leurs activités… ou à leur inactivité ! Pour le moment, la priorité consiste à les encourager de notre mieux, à leur apporter toute l'assistance morale en les aidant ainsi à surmonter la déception occasionnée par cet échec. Même si celui-ci résulte de leur insouciance et de leur manque de travail et d'efforts pendant l'année, aujourd'hui, l'heure n'est pas aux règlements de compte, aux jugements sévères, aux paroles blessantes ou aux sanctions : nous aurons toujours le temps demain ou après demain d'analyser avec eux de façon sereine les causes profondes de leur insuccès afin qu'ils puissent prendre les mesures adéquates pour éviter que cela ne se reproduise… En d'autres mots, nous devons adopter à leur égard la même réaction que lorsqu'il nous arrive de voir un de nos enfants faire une mauvaise chute (qu'Allah les protège tous. Âmîne !) : il est bien évident que, dans ces circonstances, la première chose à faire, c'est de lui porter assistance, de panser ses plaies éventuelles si cela est possible, d'agir pour apaiser sa douleur et de le réconforter. Est-ce qu'il viendrait à l'esprit de quelqu'un, en voyant son fils ou sa fille se plier de douleur au sol, de le laisser souffrir et de se contenter de le sermonner et de le reprocher de ne pas avoir fait suffisamment attention ?

 

Ensuite, je pense qu'il est essentiel que l'on prenne aujourd'hui le temps de réfléchir un peu sur l'attitude que nous avons adopté envers nos enfants pendant les dernières semaines qui viennent de s'écouler : ceux d'entre nous qui avions un fils ou une fille qui se présentait à une épreuve scolaire importante se sont fait du souci comme rarement auparavant pour lui/elle… En effet, pendant toute la durée des révisions et des examens, en sus de multiplier les invocations en leur faveur, les parents font généralement très attention à la façon dont leurs enfants gèrent leur temps. S'il leur arrive par exemple de constater que leur fils ou leur fille passe trop de temps hors de la maison, au téléphone, sur internet ou devant la télévision, ils font de leur mieux pour lui faire comprendre qu'il/elle doit revenir à un comportement plus responsable. En cas de besoin, nombreux sont ceux qui n'hésitent probablement pas à faire preuve d'autorité et de fermeté pour augmenter leur force de persuasion. Et si jamais il arrive que, pendant cette période cruciale, quelqu'un vienne leur informer que leur fils ou leur fille est engagé dans une action qui pourrait porter préjudice au bon déroulement de ses épreuves, ils lui témoignent toute leur estime et leur reconnaissance, en ne manquant pas de prendre les mesures adéquates et requises pour que tout rentre dans l'ordre au plus vite… Puis, lorsque débutent les jours mêmes de l'examen, les parents s'assurent que leurs enfants se réveillent à l'heure et qu'ils ne soient ainsi pas en retard pour les épreuves. Enfin, chaque jour, c'est le même scénario qui se répète : l'anxiété pendant les heures de l'examen, suivie, dès le retour de la fille ou du fils des mêmes interrogations concernant la façon dont s'est déroulée l'épreuve. Et dans le cas où celle-ci ne s'est pas passée comme il/elle l'espérait, il n'est pas rare de voir que les parents sont tout aussi affectés par le risque d'échec que leur enfant…

 

En soi, cette attention et cet intérêt que nous portons à leur égard est tout à fait louable. Mais, comme nous le savons tous, notre responsabilité de parents musulmans envers eux va bien au-delà de ce que nous avons pu exprimer durant ces dernières semaines. Et c'est justement en gardant ceci à l'esprit que l'on doit aujourd'hui se poser une question essentielle : nous est-il déjà arrivé de manifester autant d'intérêt pour le sort de nos enfants dans l'Autre Monde que celui que nous avons témoigné ces derniers temps pour leur succès dans les épreuves scolaires ?… Très concrètement :

 

-         avons-nous déjà envisagé de limiter à notre enfant l'usage du téléphone portable ou l'accès au net uniquement parce que nous avons constaté qu'il utilise ces outils pour commettre des actes que notre éthique religieuse condamne ?... ou est-ce que nous considérons que, dans ce cas, nous n'avons pas à interférer avec sa vie privée et qu'il reste libre de faire ce que bon lui semble ?

 

-         dans notre vie de tous les jours, comment réagissons-nous si nous voyons notre fils ou notre fille adopter ainsi une conduite qui risque de lui porter sérieusement préjudice à l'avenir (dans ce monde même ou dans l'Autre) ? Cela nous affecte-t-il profondément ?... ou est-ce que, tant que notre réputation n'est pas touchée, nous restons indifférents aux dérives dont il/elle se rend coupable sous prétexte, encore une fois, qu'il ne nous appartient pas de nous mêler de ses affaires ?

 

-         exhortons-nous notre enfant avec sérieux et rigueur à s'acquitter de toutes ses obligations religieuses, en commençant par l'accomplissement des prières fardh(plus particulièrement la salât oul fadjr) à l'heure ?... ou est-ce que nous sommes les premiers à lui trouver des prétextes quand il y a des manquements de sa part à ce niveau ?

 

-         faisons-nous régulièrement des invocations sincères pour leur succès dans l'Autre Monde ?... ou est-ce que nos douâs en leur faveur ne portent que sur l'obtention d'avantages et de bienfaits liés à la vie présente ?

 

-         si un frère ou une sœur vient nous apprendre que notre enfant s'adonne à tel ou tel péché, est-ce que nous le considérons comme un allié qui nous veut du bien et nous acceptons donc de façon réfléchie son propos ?… ou est-ce que nous rejetons tout ce qu'il dit en bloc sous prétexte que ce n'est là qu'un curieux et jaloux qui est en train de se mêler de ce qui ne le regarde pas ?

-         en un mot : est-ce que nous nous soucions réellement de la condition spirituelle de notre enfant ?... ou est-ce que c'est notre seule préoccupation à leur égard porte sur leur épanouissement matériel ?

 

 

Si à des différentes interrogations, les réponses sont positives, c'est excellent ! Cela constitue en effet un signe clair que nous avons bien saisi le sens et la portée réelle du Hadith bien connu qui énonce :

 

كُلُّكُمْ رَاعٍ وَمَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ ، فَالإِمَامُ رَاعٍ ، وَهْوَ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ ، وَالرَّجُلُ فِى أَهْلِهِ رَاعٍ ، وَهْوَ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ ، وَالْمَرْأَةُ فِى بَيْتِ زَوْجِهَا رَاعِيَةٌ وَهْىَ مَسْئُولَةٌ عَنْ رَعِيَّتِهَا

"Ecoutez ! Vous êtes tous des bergers et vous serez questionnés à propos de votre troupeau ! (…) L'homme (le mari) est un berger et il sera questionné au sujet des gens de sa maison. La femme est une bergère dans le foyer de son époux et elle sera questionnée au sujet de son troupeau (…)"

 

(Sahîh Boukhâri et Mouslim)

 

Mais si ce n'est pas le cas,ne pensez-vous pas qu'il soit légitime que l'on se demande si, au fond, notre foi en l'importance de la réussite matérielle de nos enfants ne dépasse pas l'îmân que nous avons en la réalité d'une vie après la mort et en l'existence même du Paradis et de l'Enfer ? Et si nous poursuivons dans cette voie et que, demain, nous constatons que notre fils ou notre fille est plus attaché(e) aux intérêts et aux plaisirs de ce monde éphémère qu'au respect de ses devoirs religieux et que, par exemple, ils n'hésitent pas à rompre les liens de parenté pour des conflits portant sur des détails d'ordre matériel, les responsables de cette dérive ne seront pas à chercher bien loin…

 

 

Wa Allâhou A'lam !

 


[1] D'ailleurs, il n'est pas rare que, même nous qui sommes adultes, ressentons le besoin que ceux qui nous entourent reconnaissent et valorisent nos efforts et notre travail…

 

 

source : http://www.muslimfr.com/modules.php?name=News&file=article&sid=429

 

 

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